Saturday, July 19, 2008

Voyage à l'étranger d'Obama

Catherine en entrevue à l'émission "Montréal Maintenant" avec Esther Bégin, le 18 juillet
http://www.985fm.ca/mp3player.php?mp3=163703.mp3

Un été américain:Confidences de gens ordinaires 4*

Denver, Colorado

La beauté des montagnes rocheuses du Colorado nous fait parfois oublier l’immense nuage brun de pollution suspendu au-dessus de la ville de Denver, sa capitale. On estime que la moitié de cette pollution est le résultat de la circulation automobile ; et ce, même si le Colorado est le quatrième État au pays où les citoyens utilisent le plus leur vélo comme transport pour se rendre au travail.

Amoureux du grand air, les Coloradiens se réfugient en montagne pendant l’été. Mordus de l’exercice, vous les retrouverez en bicyclette, en camping, en canot, en rafting ou en escalade. Le Colorado est aussi l’État dont la population est la moins obèse de tous les États-Unis.

Dan Grunig ne fait pas exception. Un passioné du cyclisme, il enjambe tous les jours son vélo et parcourt en moyenne plus de 400 kilomètres par semaine. « J’ai toujours eu une bicyclette. Je me souviens que je devais faire sept kilomètres pour me rendre à l’école», me dit-il. En ouvrant la porte du condo qu’il partage avec sa compagne Suzanne, on réalise à quel point le sport fait parti de sa vie. Pas un, pas deux, mais quatre vélos sont juchés sur son mur à l’entrée.

En fait, ce cycliste de longue date est aussi directeur de « Bicycle Colorado », un organisme sans but lucratif dont l’objectif est d’accroître l’accessibilité des routes de l’État aux bicyclettes. « Il y a trois raisons pour lesquelles il est important d’encourager l’utilisation du vélo: améliorer notre état de santé, la qualité de notre environnement et nos infrastructures routières, » m’explique Dan. Il déplore le manque de planification du département des transports et prêche l’ajout de pistes cyclables à chaque nouvelle route construite. Selon lui, les bénéfices sont tangibles car une population qui vit dans un meilleur environnement et qui s’adonne à l’exercice, est forcément une population en meilleure santé. Et de plus, les épargnes que cette réalité représente, compensent pour les frais de construction encourus. « Il est difficile de comprendre pourquoi les gouvernements hésitent tant à investir », ajoute Dan.

Fan de l’exercice en montagne, Dan se prépare à la grande expédition qui se tient à chaque été dans les montagnes Rocheuses appelée « Ride the Rockies ». Plus de 2,000 citoyens se joignent à l’aventure et parcourent 900 kilomètres de bicyclette étalés sur une semaine. Le trajet permet aux participants de prendre conscience de leur environnement.

En cet été électoral, les bannières des partisans des deux camps politiques seront visibles sur le bord de la route et se mêleront aux encouragements de la foule tout au long du tour. Le Colorado est un État baromètre cette année et avec la Convention démocrate qui se tiendra dans sa capitale, on s’attend à beaucoup d’activités politiques. Il ne serait même pas surprenant de voir Barack Obama faire un bout de chemin avec les participants. John McCain pourrait y être aussi, mais vu son âge et ses blessures de guerre, personne ne s’attend à ce qu’il enfourche sa bicyclette.

Catherine Cano
(*Quatrième article d'une série puliée dans la revue l'actualité - août 08)

Friday, July 18, 2008

Un été américain: Confidences de gens ordinaires 3*

Iowa City - Iowa

Je n’avais jamais mis les pieds en Iowa. Mireille, ma grande amie de 30 ans habite Iowa City. Je m’y suis donc rendue au moment de la course à l’investiture démocrate, ce fameux caucus qui a propulsé la candidature de Barack Obama.

Iowa City est une ville universitaire en apparence tranquille mais où bouillonne idées et opinions politiques. Le « Hamburg Inn » est le centre nerveux et l’endroit rêvé pour tous ceux qui aiment jaser politique autour d’un bon café. C’est un petit restaurant, vieux de 60 ans, qui sert le déjeuner toute la journée, et qui se fait un point d’honneur, photographies à l’appui, de dire que depuis Ronald Reagan presque tous les candidats à la Présidence s’arrêtent ici. Dave, le propriétaire est plutôt fier de cette reconnaissance publique. Il prend chaque présidentielle au sérieux. « C’est important que les gens discutent, échangent leurs points de vue et surtout votent », affirme-t-il.

Pour inciter ses clients à comprendre l’importance de leur devoir civique, il a institué une élection parallèle pendant les caucus démocrates et républicains, appelé le « Coffee Bean Caucus ». Chaque client qui entrait dans son restaurant recevait un grain de café et devait choisir le pot associé à la, ou au candidat Républicain ou Démocrate de son choix. La veille du véritable vote, Dave organisait le dépouillement de centaines de grains de café et annonçait que Barack Obama remportait la nomination démocrate haut la main. Une prévision qui, le jour du vrai scrutin, s’est avérée juste.

Cet été, Dave a repris le concept de son concours en vue de l’élection de novembre. Il nomme sa campagne « Coffee Bean Ballot », et cette fois, les pots où vous pouvez déposer votre grain de café portent les noms de John McCain et de Barack Obama. Il prévoit un fort taux de participation. « Les Américains du Mid-ouest suivent cette campagne comme jamais. La situation économique des familles s’est envenimée au cours de la dernière année et on sent déjà les impacts», poursuit Dave. Il me donne en exemple la hausse du prix des aliments. Une cruche de 35 livres d’huile de soya produite en Iowa est passée de $30 à $45 en trois mois. « Et nous qui avons du mais frais qui poussent dans les champs à côté, on en offre moins au menu », concède-t-il. La diminution de la production du blé-d’inde, maintenant utilisé pour produire de l’éthanol, et l’augmentation de la demande font qu’il faut payer davantage pour la même douzaine.

Les hausses répétées des coûts des aliments l’ont obligé à refaire son menu et à augmenter le prix de ses plats. « On a remarqué une baisse de la clientèle, et ce qui est plus frappant, » me dit-il, « c’est que les clients laissent des pourboires moins généreux et ce sont les préposés aux tables qui en souffrent ».

Des centaines de restaurants à travers le pays imiteront l’idée de Dave et tiendront leur propre scrutin. Vous pouvez suivre les progrès et les choix de milliers de citoyens américains en vous rendant au site http://www.forkoveryourvote.com/.

Catherine Cano
(*Troisième d'une série publiée dans la revue l'actualité - août 2008)

Thursday, July 17, 2008

Un été américain: confidences de gens ordinaires 2*

Stonewall, Texas

Tamara est déjà en retard. Restée la veille à savourer les nouveaux crus, un « Claret 2006 » et un « Prairie Rotie » du style Rhones, elle n’a pas réussi à fermer boutique avant le début de la nuit. Tous les dimanches soirs, les derniers visiteurs et un groupe d’amis sont invités à prendre un dernier verre sur la terrasse du vignoble. Oui, vous avez bien lu : un vignoble au Texas, et pour être plus exact, il y a en a plus d’un. Le Texas Hill Country situé entre les villes d’Austin et de San Antonio, compte 23 jeunes vignobles. Cette région se targue d’être le nouveau Nappa Valley des États-Unis et pour cause, les vins sont simplement délicieux.

Tamara Wikel est une des artisanes responsables des dégustations du Becker Winery de Stonewall, célèbre pour être le vignoble de choix du Président Georges W. Bush dont le ranch à Crawford est non loin de là. Tamara sort fièrement la bouteille de Cabernet servi lors de la visite de Poutine à la Maison Blanche. Lorsque je lui demande quel est le vin préféré des Bush, elle hésite et fini par me montrer le « Viognier ». Un vin commandé à l’occasion du souper de départ de Karl Rove, le conseiller principal du Président, tant détesté. « Ce vin est aussi devenu populaire auprès de la population, mais on ne mentionne pas son origine», me dit-elle. À ma question si le vignoble produira une cuvée spéciale pour marquer le départ du Président, on me répond un « non » catégorique.

Juillet est le temps des vendanges et les 25 employés du vignoble, dont plus de la moitié sont mexicains, s’affairent aux préparatifs. Tamara me confie que l’immigration illégale faut l’objet de nombreuses discussions dans la région. Cette dernière, à l’instar du reste de l’état, voit sa communauté hispanique croître à une rapidité vertigineuse. Sans ces travailleurs, la plupart des vignobles seraient à court de main-d’œuvre. Mais le contexte économique précaire rend plusieurs citoyens inquiets de perdre leurs emplois aux mains d’étrangers.

Pour le moment, tout le monde se retrousse les manches. Dans un mois, la saison atteindra son apogée lorsque toute la région célèbrera le « Harvest Trail ». Tamara m’explique que c’est le moment, particulièrement pour les gens du coin, de faire la tournée des vignobles et de goûter aux nouveaux vins. Ironiquement, pendant le « Harvest Trail », le vignoble Becker organise une activité unique pour les passants : la foulée aux pieds du raisin. « Ce sera pour ceux qui ont besoin d’exprimer leur frustration, » me dira Tamara l’air moqueur. W. Bush ne fait pas l’unanimité ici. « Je respecte l’homme parce que personne n’aurait voulu être à sa place lors de la tragédie du 11 septembre 2001, mais depuis, il a manqué de diplomatie et aujourd’hui, je ne voterais pas pour lui ».

Même en terre républicaine, le départ de W. ne sera pas pleuré.

Catherine Cano -
(* Deuxième d'une série publiée dans la revue l'actualité - août 2008)

Wednesday, July 16, 2008

Un été américain : confidences de gens ordinaires 1 *

Los Gatos, Californie

À une centaine de kilomètres au sud de San Francisco se trouve une jolie petite ville de 36,000 habitants appelée Los Gatos. Oui, un drôle de nom qui signifie en français « Les chats » parce qu’à cet endroit vivaient des lynx il y a plus d’un siècle. Los Gatos, bondée d’artistes il y a trente ans, est aujourd’hui le lieu de résidence préféré des artisans de la Silicon Valley. Charmés dès le premier regard par ce coin paisible entouré de collines et de montagnes, Debbie et Dan Ross ont choisi de s’y établir avec leurs deux enfants.

En ce lundi d’été, il est 8 heures du matin et il fait déjà chaud. Tandis que le jeune Georges traîne dans son lit, Debbie tente d’encourager l’aîné, Sam, à manger avant le départ pour son camp d’été. Papa, un peu fatigué s’active aussi dans la cuisine. Il est percussionniste et a donné un spectacle de blues hier soir au bar JJs à San José, la ville voisine. Mais Dan a un autre boulot qui lui donne les « blues » ces jours-ci. Il est aussi courtier immobilier et par les temps qui courent, il a besoin de prendre les bouchées doubles. Entre les ravages causés par des températures extrêmes et la crise immobilière, l’année a été difficile en Californie. Leurs voisins, incapables de rencontrer leurs obligations financières, se voient forcer de vendre leur maison à perte. Cette dégringolade est sujet d’inquiétude pour Dan dont le travail est au cœur même de cette crise.

Et puis, la situation économique du pays n’est pas rassurante. « Nos enfants iront à l’Université et les frais de scolarité sont exorbitants aux États-Unis. Il nous faut amasser près de $200,000 par enfant d’ici 12 ans », me confient Debbie et Dan. Même Debbie, qui s’était permis de rester à la maison pour s’occuper des garçons, devra retourner enseigner le pilotage.

Les Ross suivent l’élection présidentielle avec passion mais ils ont peu de discussions avec les gens de leur entourage. « Nous vivons une récession et nous sommes en guerre. Nous allons à la partie de soccer de notre fils et personne ne parle de rien, comme si tout allait bien », de dire Dan. Ils sont surpris de constater que la population ne se soulève pas davantage et qu’il n’y ait pas plus de manifestations dans les rues.

Dan et Debbie sont visiblement inquiets. Ils ont un réel besoin de savoir quelles solutions les candidats à la présidence apporteront pour sortir l’économie de son marasme. Avec neuf trillions de dettes et plus de cinq cents milliards de déficit, les priorités doivent changer de façon draconienne pensent-ils. Dan, jusqu’à ce jour républicain a pris une décision : suivre Barack Obama qui semble être en mesure de réaliser ce changement impératif.

Le petit Georges encore endormi fait son entrée dans la cuisine. « Oups, assez parlé de politique, il est déjà 9 heures, » s’écrie Debbie ! C’est le temps pour Georges et Sam de quitter la maison pour leur journée au camp d’été.

Catherine Cano -
(* Premier d'une série publiée dans la revue l'actualité - août 2008)

Tuesday, July 15, 2008

Des temps durs!

La dernière déclaration du Président sortant, Georges W. Bush, ne suffira pas à rassurer la population face à la dégringolade de l’économie. « Je ne suis pas un économiste… je suis un optimiste », a-t-il dit en conférence de presse ce matin.

Près d’un demi million d’Américains ont perdu leur emploi depuis janvier et le prix des maisons a baissé de 15%. Selon le président de la réserve fédéral, Ben Bernanke, l’économie américaine fait face à de grandes difficultés qui ne seront pas résorbées d’ici la fin de l’année. La crise immobilière, la montée des prix du pétrole - provoquant un coût élevé de l’essence et de la nourriture - et la situation précaire des marchés boursiers et des institutions financières enrichissent l’inquiétude de la majorité des économistes.

Or, l’économie est devenue la préoccupation principale des citoyens américains. L’intention de Barack Obama de mettre fin à la guerre en Iraq n’est pas étrangère aux coûts exorbitants qu'entraîne cette guerre pour le pays; coûts évalués à 10 milliards de dollars par mois selon certains estimés. John McCain quant à lui ne promet pas de ramener les troupes américaines à une date précise. De fait, il considère plutôt que le pays devra demeurer en Iraq aussi longtemps que cela sera nécessaire.

Les États-Unis risquent non seulement de continuer à payer pour la guerre en Iraq, mais le pays devra aussi se préparer à investir des sommes considérables pour la lutte contre les Talibans et Al-Quaida en Afghanistan. Les discours prononcés aujourd’hui par les deux candidats à la présidence sont clairs : Barack Obama a annoncé son projet de redéployer et d’accroître le nombre de troupes américaines en Afghanistan. Il considère que la lutte pour éliminer l’ennemi dans ce pays constituera la nouvelle priorité de son administration. John McCain commence également à reconnaître la nécessité de consolider les effectifs dans cette région.

Jusqu'à présent, les Américains sont de surprenants joueurs. Malgré leur opposition à la guerre en Iraq, la moitié de la population soutient la stratégie du candidat républicain John McCain qui consiste à ne pas retirer rapidement les troupes américaines du territoire iraquien. Étonnant vous me direz ! Mais à bien y songer, les citoyens réalisent qu’un retrait rapide semble de moins en moins probable, la crise dépassant largement l’Iraq, et que la lutte contre le terrorisme ne fait que commencer.

Son opposition à la guerre en Iraq, a permis au Sénateur Obama de gagner des points importants contre Hillary Clinton tout au long de la saison des primaires. Il reste que cet enjeu lui échappe face à un candidat qui a une longue expérience militaire. Encore aujourd’hui dans un sondage du Washington Post et du réseau ABC, 72% des Américains croient que John McCain ferait un meilleur commandant en chef. Pour freiner cette perception et récupérer l'appui du public sur sa politique étrangère, Obama se rendra en Iraq et en Afghanistan la semaine prochaine.

Les attaques fusent déjà entre les deux camps. McCain accusant Obama de déterminer sa stratégie avant même d’être allé en Iraq et en Afghanistan. Et Obama rétorquant que ce n’est pas le nombre d’étampes dans son passeport qui compte, mais son bon jugement.

Le danger d’une campagne électorale est de mettre l’emphase de la couverture médiatique sur la rhétorique plutôt que sur les faits. John McCain peut bien promettre qu’il mettra la main sur Osama Bin Laden et qu’il mettra fin à la guerre en Afghanistan. Et Obama peut toujours prétendre que les troupes américaines seront de retour d’Iraq d’ici 16 mois. Les Américains se retrouvent prisonniers dans un coûteux bourbier, peu importe qui sera le prochain Président des États-Unis.

Si la crise économique s'aggrave déjà, les ramifications de la guerre en Iraq ne laissent rien présager de bon. Le pays n'a pas les moyens de s'endetter davantage. Tout comme W. Bush, je ne suis pas économiste, mais contrairement au Président, je suis loin d'être optimiste.

Catherine Cano- Canovision

Tuesday, July 8, 2008

L'attrait de John McCain

Les critiques contre John McCain fusent de partout ; en provenance de ses propres partisans républicains et même du réseau de télévision Fox, pourtant porte étendard de la droite américaine. On lui reproche ne pas être assez conservateur, de changer d’idées trop souvent (flip-floppeur), de ne pas savoir lire un téléprompteur, d’être mécanique et de manquer de sincérité. De plus, il hérite d’une colère collective à l’endroit de Georges W. Bush et de son administration des sept dernières années.

Le deux-tiers de la population souhaite une fin à la guerre en Iraq et le trois-quarts des Américains sont déçus de leur Président. Malgré cela, McCain a déclaré que les troupes américaines en Iraq y resteraient encore pendant plusieurs décennies. Sur le front économique, il déclarait ne pas entrevoir de difficultés il y a quelques mois pour admettre un peu plus tard qu’il ne s’y connaissait pas en économie. John McCain est de la génération précédant les baby-boomers et, pour plusieurs, il est trop vieux et forcément déconnecté des nouvelles générations. On croit même qu’il n’a jamais utilisé d’ordinateur de sa vie.

Alors, comment expliquer que des Américains - presque la moitié - le préfèrent à la "rock star" qu’est devenue Barack Obama ? Comment se fait-il que les Démocrates doivent se battre bec et ongles pour gagner l’élection en novembre ; élection qui aurait dû leur être assurée ?

John McCain est un politicien d'une grande droiture dont les années militaires au service de la nation lui ont mérité un respect incontesté. Personnage très sympathique, je me souviens de notre conversation au lendemain de son discours lors de la Convention républicaine de 2000 à Philadelphie. Encore amer de sa défaite et de la campagne négative menée par son adversaire Bush, il demeurait néanmoins loyal au parti, comme un bon soldat. Je me souviens aussi de l’admiration d’un grand nombre de démocrates qui, pas très emballés par la candidature d’Al Gore, se disaient prêts à voter pour le réformiste et batailleur John McCain.

Huit ans plus tard, John McCain n’est pas tout à fait le même candidat. Il a laissé tomber sa naïveté de l’époque mais continue de foncer mené par ses convictions. Le « straight talk Express » reste honnête. Il est le seul politicien qui a osé dire aux travailleurs du Michigan que plusieurs de leurs emplois étaient perdus à jamais et qu’ils devaient songer à se recycler dans d’autres domaines. Malgré l’impopularité de sa politique, il persiste à répéter ses intentions face à l’Iraq. Même Barack Obama, qui compte rapatrier les troupes en 16 mois, se laisse une marge de manœuvre au cas où la situation se détériorerait. Les Américains sont bien conscients que cette guerre est complexe et la moitié d’entre eux croient que John McCain prendra de meilleures décisions.

Comparé à l’énergétique et charismatique Barack Obama, John McCain est terne et sa démarche est plus lente. Mais au-delà de l’image, ses 72 ans n’inquiètent pas tout le monde. Après tout, Churchill était encore Premier ministre à 80 ans et Nelson Mandela avait 75 ans lorsqu’il est devenu Président de l’Afrique du Sud. Son âge est donc perçu plutôt positivement pour les électeurs qui souhaitent choisir un Président ayant de l’expérience politique tant au niveau national qu'à l’international.

L’opinion publique est presque unanime : les deux successeurs possibles à la Présidence se présentent à l’électorat avec infiniment plus de compétences que W. Bush. Même si les Démocrates s’évertuent à répéter qu’élire McCain équivaut à voter pour un troisième mandat de Bush, les Américains ne semblent pas tous de cet avis.

En fait, il est vrai que John McCain n’a jamais touché à un ordinateur. Cela ne veut pas dire qu’il soit complètement déconnecté puisqu' il n’est qu’à quelques points derrière Barak Obama dans les sondages. Qui aurait cru que les Républicains menaceraient de garder la Maison Blanche !

Catherine Cano - Canovision