Catherine en entrevue à l'émission "Montréal Maintenant" avec Esther Bégin, le 24 juillet
http://www.985fm.ca/mp3player.php?mp3=164523.mp3
Catherine à l'émission "La Tribune" de Radio-Canada avec Jacques Beauchamps, le 25 juillet
http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#urlMedia%3Dhttp://www.radio-canada.ca/Medianet/2008/CBF/LaTribune200807251215_1.asx
Friday, July 25, 2008
Wednesday, July 23, 2008
Voyage d'Obama 2
Catherine en entrevue à l'émission Montréal Maintenant, avec Esther Bégin, le 21 juillet
http://www.985fm.ca/mp3player.php?mp3=164023.mp3
http://www.985fm.ca/mp3player.php?mp3=164023.mp3
Tuesday, July 22, 2008
Stratégie 201
Il semble bien que les Américains puissent enfin voir la lumière au bout du tunnel. La question n’est plus de savoir si les soldats américains sortiront de l’Iraq, mais plutôt, à quel moment. Depuis vendredi, nous assistons à un revirement de situation. D’abord, accord-surprise! Vendredi dernier, Washington et Bagdad s’entendent pour dire qu’il y aura un retrait éventuel des troupes américaines, mais ne fixent pas de date. Le lendemain, le Premier ministre iraquien pousse l’audace en déclarant non seulement que son pays souhaite un départ des soldats américains, mais ajoute l’échéance de décembre 2010. Al-Malaki n’avait rien à perdre puisque les iraquiens n’ont jamais caché leur hâte de voir partir les Américains de leur territoire. La visite de Barack Obama tombait juste à point et Al-Malaki se défend bien de s’ingérer dans la campagne électorale américaine. Tout au plus, le temps est-il venu de faire pression sur le gouvernement Bush qui, à son avis, ne semble pas suffisamment pressé de quitter l’Iraq.
La presse a fait grand état toute la journée du voyage victorieux d’Obama. La décision du gouvernement de l’Iraq vient appuyer la stratégie du candidat démocrate qui prévoit rapatrier les forces militaires dans les 16 premiers mois de son mandat. Pourtant, John McCain s’est évertué toute la journée à préciser que si les gouvernements peuvent discuter de la possibilité d’un retrait éventuel, c’est en grande partie grâce à la solution qu’il a préconisée l’an dernier; celle d’envoyer des renforts militaires pour stabiliser le pays. Cette même stratégie contre laquelle s’est élevé son rival, Barack Obama.
À court terme, il ne fait pas de doute qu’Obama bénéficie des déclarations provenant du gouvernement iraquien. D’abord, la politique du Sénateur de l’Illinois semble se baser sur une nouvelle réalité militaire et politique. Les conditions sur le terrain se sont améliorées considérablement depuis six mois, et les iraquiens souhaitent prendre leur destinée en main. Et puis, la population américaine est impatiente de voir une fin à cette guerre.
À moyen terme, c’est-à-dire, d’ici l’élection de novembre dans plus de trois mois, qu’auront retenu les électeurs ? Donneront-ils le crédit à Barack Obama ou à John McCain ? Est-ce que les conditions sur le terrain ce seront détériorées au point de devoir retarder l'échéance du départ ?Depuis la déclaration de l’administration Bush vendredi dernier, tout le monde est d’accord pour rapatrier les troupes. Là, où il y a encore des divergences, c’est le moment. McCain croit que la situation reste fragile. Un stratège républicain admettait ce matin que si son parti veut conserver la Maison Blanche, McCain doit aussi affirmer clairement que les États-Unis ne seront pas pris dans ce conflit indéfiniment. La stratégie est donc de peaufiner le discours de façon à ce que la position de McCain se rapproche de celle de son adversaire, et ce, sans qu’il ait à décider d’un calendrier précis. Si tôt ou tard les soldats sont de retour au pays, se disent les républicains, c’est tout ce qui comptera dans l’esprit du public. Entre temps, ils auront enlevé des munitions aux Démocrates et diminuer la force de l’enjeu que représente l’Iraq. Mieux encore, la position de McCain prouvera peut-être que sa prudence était justifiée.
Alors, qui sera le vainqueur du débat sur l’Iraq ? Incapable de trancher, je décide de chausser mes espadrilles et d’aller prendre une marche. I-pod à la ceinture, je suis déterminée à me changer les idées pendant une bonne heure. En longeant la 17e avenue, une dame qui arrosait ses fleurs m’arrête, et me demande si je connais quelque chose au jardinage. J’hésite et lui réponds : « oui, un peu ». « Est-ce une fleur sauvage ou une mauvaise herbe? » poursuit-elle. « Hum! Je crois qu’il s’agit d’une fleur, mais je n’en suis pas certaine. Je n’ai jamais vu cette plante auparavant, » lui dis-je. « Vraiment ! Dans ce cas, je vais lui laisser une chance de fleurir,» rajoute-elle. Sur le point de continuer mon chemin après cet échange courtois, je ne peux m’empêcher de me retourner et de lui demander à mon tour : « Vous avez suivi les nouvelles des derniers jours sur les développements en Iraq ? » « Oui, oui. Quel soulagement, nos enfants vont revenir au bercail ! », me dit-elle d’un air encouragé. Je ne lui ai pas demandé si elle était démocrate, républicaine ou indépendante ou encore, si la date d'un retour était importante. Soudainement, tout cela semblait secondaire.
Catherine Cano - Canovision
La presse a fait grand état toute la journée du voyage victorieux d’Obama. La décision du gouvernement de l’Iraq vient appuyer la stratégie du candidat démocrate qui prévoit rapatrier les forces militaires dans les 16 premiers mois de son mandat. Pourtant, John McCain s’est évertué toute la journée à préciser que si les gouvernements peuvent discuter de la possibilité d’un retrait éventuel, c’est en grande partie grâce à la solution qu’il a préconisée l’an dernier; celle d’envoyer des renforts militaires pour stabiliser le pays. Cette même stratégie contre laquelle s’est élevé son rival, Barack Obama.
À court terme, il ne fait pas de doute qu’Obama bénéficie des déclarations provenant du gouvernement iraquien. D’abord, la politique du Sénateur de l’Illinois semble se baser sur une nouvelle réalité militaire et politique. Les conditions sur le terrain se sont améliorées considérablement depuis six mois, et les iraquiens souhaitent prendre leur destinée en main. Et puis, la population américaine est impatiente de voir une fin à cette guerre.
À moyen terme, c’est-à-dire, d’ici l’élection de novembre dans plus de trois mois, qu’auront retenu les électeurs ? Donneront-ils le crédit à Barack Obama ou à John McCain ? Est-ce que les conditions sur le terrain ce seront détériorées au point de devoir retarder l'échéance du départ ?Depuis la déclaration de l’administration Bush vendredi dernier, tout le monde est d’accord pour rapatrier les troupes. Là, où il y a encore des divergences, c’est le moment. McCain croit que la situation reste fragile. Un stratège républicain admettait ce matin que si son parti veut conserver la Maison Blanche, McCain doit aussi affirmer clairement que les États-Unis ne seront pas pris dans ce conflit indéfiniment. La stratégie est donc de peaufiner le discours de façon à ce que la position de McCain se rapproche de celle de son adversaire, et ce, sans qu’il ait à décider d’un calendrier précis. Si tôt ou tard les soldats sont de retour au pays, se disent les républicains, c’est tout ce qui comptera dans l’esprit du public. Entre temps, ils auront enlevé des munitions aux Démocrates et diminuer la force de l’enjeu que représente l’Iraq. Mieux encore, la position de McCain prouvera peut-être que sa prudence était justifiée.
Alors, qui sera le vainqueur du débat sur l’Iraq ? Incapable de trancher, je décide de chausser mes espadrilles et d’aller prendre une marche. I-pod à la ceinture, je suis déterminée à me changer les idées pendant une bonne heure. En longeant la 17e avenue, une dame qui arrosait ses fleurs m’arrête, et me demande si je connais quelque chose au jardinage. J’hésite et lui réponds : « oui, un peu ». « Est-ce une fleur sauvage ou une mauvaise herbe? » poursuit-elle. « Hum! Je crois qu’il s’agit d’une fleur, mais je n’en suis pas certaine. Je n’ai jamais vu cette plante auparavant, » lui dis-je. « Vraiment ! Dans ce cas, je vais lui laisser une chance de fleurir,» rajoute-elle. Sur le point de continuer mon chemin après cet échange courtois, je ne peux m’empêcher de me retourner et de lui demander à mon tour : « Vous avez suivi les nouvelles des derniers jours sur les développements en Iraq ? » « Oui, oui. Quel soulagement, nos enfants vont revenir au bercail ! », me dit-elle d’un air encouragé. Je ne lui ai pas demandé si elle était démocrate, républicaine ou indépendante ou encore, si la date d'un retour était importante. Soudainement, tout cela semblait secondaire.
Catherine Cano - Canovision
Monday, July 21, 2008
Un été américain: confidences de gens ordinaires 7*
Scranton, Pennsylvanie
Bill et Hillary sont des habitués de la place. Après tout, elle y a été baptisée et tant son père que son grand-père y ont travaillé. Chaque été, ils passent du temps en famille à leur chalet de Winola situé à 40 kilomètres de Scranton.
Au moment de la primaire de la Pennsylvanie en avril, Dollar Bill, dont le vrai nom est Bill Rosick, avait appelé le bureau de Mme Clinton pour offrir ses services comme chauffeur, mais sans succès.
Dollar Bill est tout un personnage. Il s’est installé seul dans un studio pas très grand, en banlieue de Scranton. Il ne voit jamais ses deux filles qui ont maintenant 16 et 21 ans. Il vit de chèque de paie en chèque de paie. Pour joindre les deux bouts, il travaille le jour dans un petit dépanneur et le soir, il circule dans les rues de la ville de Scranton avec son taxi. Dollar Bill passe son temps à parler avec les citoyens et il a une opinion sur tout. Il me raconte qu’il n’est pas le seul. Dans cette ville de mineurs, on parle peu aux étrangers, mais on n’hésite pas à exprimer ses idées en tête à tête..
Les gens qui prennent le taxi à Scranton sont des clients réguliers. Des personnes âgées qui ont besoin de se rendre à l’épicerie, à la pharmacie, chez le médecin ou à la banque. Le premier commentaire que Dollar Bill entend lorsqu’un passager entre dans son taxi, c’est une boutade sur le prix indiqué au compteur; le prix de base de $2.57 en janvier a grimpé à $3.00. Un voyage qui coûtait $10.00 en vaut maintenant 12 à14 dollars. Pour des gens qui gagnent peu, deux dollars de plus c’est beaucoup. « Le prix de l’essence n’arrête pas de monter, il faut bien que j’ajuste mon taux aussi. Sinon, je vais perdre trop d’argent et le taxi ne sera plus rentable », se plaint Dollar Bill. Pour des communautés comme celle de Scranton, les hausses continues de l’essence sont devenues un sérieux problème. « Les distances sont grandes et si vous ne vivez pas dans les grandes villes où il y a des services en commun, vous avez besoin de votre automobile pour vous déplacer. Les gens ici n’ont pas d’autres options, » conclut-il.
Les habitants de cette ville, située à un peu plus de deux heures au nord de Philadelphie, sont aussi préoccupés par les coûts élevés de la santé. On compte 47 millions d’Américains qui n’ont pas d’assurance santé. En Pennsylvanie, plus de 750,000 personnes vivent sans filet. Pour l’instant l’accessibilité aux soins de santé pour tous reste une promesse abstraite.
Il faut que les choses changent, pense-t-on, mais ici on ne croit pas aux contes de fée. Tous ce que l’on souhaite selon Dollar Bill, c’est que les choses changent pour le mieux ou tout au moins, reviennent comme avant, comme à l’époque de Bill Clinton.
Catherine Cano
(*7e et dernier article d'une série publiée dans la revue l'actualité - août 2008)
Bill et Hillary sont des habitués de la place. Après tout, elle y a été baptisée et tant son père que son grand-père y ont travaillé. Chaque été, ils passent du temps en famille à leur chalet de Winola situé à 40 kilomètres de Scranton.
Au moment de la primaire de la Pennsylvanie en avril, Dollar Bill, dont le vrai nom est Bill Rosick, avait appelé le bureau de Mme Clinton pour offrir ses services comme chauffeur, mais sans succès.
Dollar Bill est tout un personnage. Il s’est installé seul dans un studio pas très grand, en banlieue de Scranton. Il ne voit jamais ses deux filles qui ont maintenant 16 et 21 ans. Il vit de chèque de paie en chèque de paie. Pour joindre les deux bouts, il travaille le jour dans un petit dépanneur et le soir, il circule dans les rues de la ville de Scranton avec son taxi. Dollar Bill passe son temps à parler avec les citoyens et il a une opinion sur tout. Il me raconte qu’il n’est pas le seul. Dans cette ville de mineurs, on parle peu aux étrangers, mais on n’hésite pas à exprimer ses idées en tête à tête..
Les gens qui prennent le taxi à Scranton sont des clients réguliers. Des personnes âgées qui ont besoin de se rendre à l’épicerie, à la pharmacie, chez le médecin ou à la banque. Le premier commentaire que Dollar Bill entend lorsqu’un passager entre dans son taxi, c’est une boutade sur le prix indiqué au compteur; le prix de base de $2.57 en janvier a grimpé à $3.00. Un voyage qui coûtait $10.00 en vaut maintenant 12 à14 dollars. Pour des gens qui gagnent peu, deux dollars de plus c’est beaucoup. « Le prix de l’essence n’arrête pas de monter, il faut bien que j’ajuste mon taux aussi. Sinon, je vais perdre trop d’argent et le taxi ne sera plus rentable », se plaint Dollar Bill. Pour des communautés comme celle de Scranton, les hausses continues de l’essence sont devenues un sérieux problème. « Les distances sont grandes et si vous ne vivez pas dans les grandes villes où il y a des services en commun, vous avez besoin de votre automobile pour vous déplacer. Les gens ici n’ont pas d’autres options, » conclut-il.
Les habitants de cette ville, située à un peu plus de deux heures au nord de Philadelphie, sont aussi préoccupés par les coûts élevés de la santé. On compte 47 millions d’Américains qui n’ont pas d’assurance santé. En Pennsylvanie, plus de 750,000 personnes vivent sans filet. Pour l’instant l’accessibilité aux soins de santé pour tous reste une promesse abstraite.
Il faut que les choses changent, pense-t-on, mais ici on ne croit pas aux contes de fée. Tous ce que l’on souhaite selon Dollar Bill, c’est que les choses changent pour le mieux ou tout au moins, reviennent comme avant, comme à l’époque de Bill Clinton.
Catherine Cano
(*7e et dernier article d'une série publiée dans la revue l'actualité - août 2008)
Un été américain: confidences de gens ordinaires 6*
Fallujah, Iraq
Shane est un marine parti en Iraq depuis le début d’avril. Les forces américaines dans ce pays en sont à leur sixième été. Depuis le début de cette guerre, plus de 4,000 soldats sont tombés au combat et près de 30,000 autres ont été blessés. Ce chiffre est encore plus alarmant parmi les Iraqiens civils et militaires où l’on compte plus de 50,000 morts et blessés.
À peine une semaine après son arrivée à Fallujah, quatre marines sont tués sur le coup lors d’une embuscade.
À des milliers de kilomètres de là, dans une ville de banlieue appelée Brighton au Colorado, la mère de Shane, Véronica, attend des nouvelles de sa belle-fille Maegan. Assise devant son ordinateur, cette dernière est encore à Camp Lejeune en Caroline du Nord avec le petit Matthew de 16 mois. Cela fait déjà trois jours que la nouvelle est rapportée dans les médias. Sans vouloir imaginer le pire, elle est incapable de dormir. Enfin, un courriel arrive. Maegan se précipite aussitôt au téléphone et signale le numéro de Véronica. Les nouvelles sont bonnes, et soulagées, elles pleurent toutes les deux de joie. Shane est vivant mais pour des raisons de sécurité, il faudra attendre trois semaines avant la prochaine communication.
« J’ai passé trois semaines angoissées, à me coucher sur le divan après le travail, le cœur en nœuds. Ce sont les plus longs mois de ma vie», me dit Véronica. Maegan s’est rapprochée de la famille et Véronica est si heureuse de retrouver son petit fils : « il ressemble à Shane lorsqu’il avait le même âge » me jure-t-elle. Shane n’a pas encore 21 ans et n’avait que 14 ans lorsque la tragédie du 11 septembre s’est produite en 2001. L’administration Bush n’a jamais prouvé le lien entre Al-Quaida et le régime de Saddam Hussein. Malgré tout, les États-Unis se sont engagés dans une guerre qui a déstabilisé l’échiquier politique du Moyen-Orient.
Shane croit à la nécessité de servir son pays. « Je veux contribuer à sécuriser les États-Unis, » dira-t-il juste avant de partir. Véronica le voit autrement: «Il est trop jeune pour comprendre qu’il met sa vie en danger pour une mauvaise décision de notre Président. Je prie tous les jours pour qu’il revienne en un morceau, physiquement et mentalement.»
Depuis, les téléphones de Shane se veulent encourageants, même s’il ne cache que les combats se sont intensifiés. Sous la chaleur torride, les conditions sont précaires: «nous restons conscients du danger qui nous entoure. Les temps de repos n’existent pas», confiera-t-il à sa mère.
Véronica non plus ne connaît plus le repos. « Tout ce que je peux faire, c’est de prétendre que tout va bien. » Et puis, elle sait qu’elle n’est pas la seule. Des dizaines de milliers de familles américaines vivent la même détresse. Chaque jour qu’un soldat tombe, elle bénit le ciel que ce ne soit pas son fils. Mais en même temps, un sentiment de culpabilité l’habite à la pensée que c’est une autre famille qui est en deuil et elle se demande à quoi sert tant de sacrifices.
Catherine Cano
(*6e article d’une série publiée dans la revue l’actualité – août 2008)
Shane est un marine parti en Iraq depuis le début d’avril. Les forces américaines dans ce pays en sont à leur sixième été. Depuis le début de cette guerre, plus de 4,000 soldats sont tombés au combat et près de 30,000 autres ont été blessés. Ce chiffre est encore plus alarmant parmi les Iraqiens civils et militaires où l’on compte plus de 50,000 morts et blessés.
À peine une semaine après son arrivée à Fallujah, quatre marines sont tués sur le coup lors d’une embuscade.
À des milliers de kilomètres de là, dans une ville de banlieue appelée Brighton au Colorado, la mère de Shane, Véronica, attend des nouvelles de sa belle-fille Maegan. Assise devant son ordinateur, cette dernière est encore à Camp Lejeune en Caroline du Nord avec le petit Matthew de 16 mois. Cela fait déjà trois jours que la nouvelle est rapportée dans les médias. Sans vouloir imaginer le pire, elle est incapable de dormir. Enfin, un courriel arrive. Maegan se précipite aussitôt au téléphone et signale le numéro de Véronica. Les nouvelles sont bonnes, et soulagées, elles pleurent toutes les deux de joie. Shane est vivant mais pour des raisons de sécurité, il faudra attendre trois semaines avant la prochaine communication.
« J’ai passé trois semaines angoissées, à me coucher sur le divan après le travail, le cœur en nœuds. Ce sont les plus longs mois de ma vie», me dit Véronica. Maegan s’est rapprochée de la famille et Véronica est si heureuse de retrouver son petit fils : « il ressemble à Shane lorsqu’il avait le même âge » me jure-t-elle. Shane n’a pas encore 21 ans et n’avait que 14 ans lorsque la tragédie du 11 septembre s’est produite en 2001. L’administration Bush n’a jamais prouvé le lien entre Al-Quaida et le régime de Saddam Hussein. Malgré tout, les États-Unis se sont engagés dans une guerre qui a déstabilisé l’échiquier politique du Moyen-Orient.
Shane croit à la nécessité de servir son pays. « Je veux contribuer à sécuriser les États-Unis, » dira-t-il juste avant de partir. Véronica le voit autrement: «Il est trop jeune pour comprendre qu’il met sa vie en danger pour une mauvaise décision de notre Président. Je prie tous les jours pour qu’il revienne en un morceau, physiquement et mentalement.»
Depuis, les téléphones de Shane se veulent encourageants, même s’il ne cache que les combats se sont intensifiés. Sous la chaleur torride, les conditions sont précaires: «nous restons conscients du danger qui nous entoure. Les temps de repos n’existent pas», confiera-t-il à sa mère.
Véronica non plus ne connaît plus le repos. « Tout ce que je peux faire, c’est de prétendre que tout va bien. » Et puis, elle sait qu’elle n’est pas la seule. Des dizaines de milliers de familles américaines vivent la même détresse. Chaque jour qu’un soldat tombe, elle bénit le ciel que ce ne soit pas son fils. Mais en même temps, un sentiment de culpabilité l’habite à la pensée que c’est une autre famille qui est en deuil et elle se demande à quoi sert tant de sacrifices.
Catherine Cano
(*6e article d’une série publiée dans la revue l’actualité – août 2008)
Sunday, July 20, 2008
Stratégie 101
Quelle fin de semaine! À en croire les nouvelles, Barack Obama doit être un candidat comblé. Le Président Bush a accepté de prendre la voie diplomatique pour discuter avec le gouvernement de l’Iran. Son attaché de presse refuse de dire qu’il s’agit d’un premier pas vers une négociation possible. Mais pour un Président qui condamnait l’intention d’Obama de s’asseoir avec des chefs d’État considérés comme des ennemis, la décision de vendredi de la Maison Blanche est un renversement de position.
Et puis le même jour, un autre développement important, cette fois en Iraq. Le Premier ministre iraquien Malaki se dit prêt à considérer une date pour le retrait des troupes américaines. Selon un journal allemand, il aurait même déclaré que le plan du candidat démocrate de rapatrier les soldats dans les premiers 16 premiers mois de son administration était plausible. Bush a admis qu’un retrait était envisageable, mais refuse toujours de consentir à un calendrier précis.
Il n’y a pas de coïncidences en politique. Georges Bush et Dick Cheney continuent de tenir les rênes du pouvoir. Devant un électorat désabusé, la tentative est simplement stratégique. Il ne faudrait pas être surpris de voir les négociations avec l’Iran échouer et le calendrier du retrait des troupes être limité à de vagues discussions. L’objectif est de faire la preuve que l’approche d’Obama n’est au mieux pas viable et au pire, dangereuse pour la sécurité du pays. Richard Bolton, ancien ambassadeur aux Nations Unies et grand défenseur du gouvernement Bush a laissé échapper la véritable stratégie républicaine en disant : « Les Américains auront eu un avant-goût d’un gouvernement Obama ».
Ces nouvelles sont plutôt bonnes pour John McCain qui en a bien besoin après avoir été obligé vendredi de remercier son co-président de campagne et expert économique, Phil Gramm deux semaines après que celui-ci ait déclaré que les Américains étaient des "pleurnichards" et se plaignaient à tort de la situation économique.
À la réflexion, Barack Obama qui compte profiter de ce voyage à l'étranger pour montrer une image de chef d'État et établir la crédibilité de ses positions sur les guerres en Iraq et en Afghanistan, n'a pas eu le temps d'atterrir que déjà, les stratèges républicains lui coupent l'herbe sous le pied.
Catherine Cano – Canovision
Et puis le même jour, un autre développement important, cette fois en Iraq. Le Premier ministre iraquien Malaki se dit prêt à considérer une date pour le retrait des troupes américaines. Selon un journal allemand, il aurait même déclaré que le plan du candidat démocrate de rapatrier les soldats dans les premiers 16 premiers mois de son administration était plausible. Bush a admis qu’un retrait était envisageable, mais refuse toujours de consentir à un calendrier précis.
Il n’y a pas de coïncidences en politique. Georges Bush et Dick Cheney continuent de tenir les rênes du pouvoir. Devant un électorat désabusé, la tentative est simplement stratégique. Il ne faudrait pas être surpris de voir les négociations avec l’Iran échouer et le calendrier du retrait des troupes être limité à de vagues discussions. L’objectif est de faire la preuve que l’approche d’Obama n’est au mieux pas viable et au pire, dangereuse pour la sécurité du pays. Richard Bolton, ancien ambassadeur aux Nations Unies et grand défenseur du gouvernement Bush a laissé échapper la véritable stratégie républicaine en disant : « Les Américains auront eu un avant-goût d’un gouvernement Obama ».
Ces nouvelles sont plutôt bonnes pour John McCain qui en a bien besoin après avoir été obligé vendredi de remercier son co-président de campagne et expert économique, Phil Gramm deux semaines après que celui-ci ait déclaré que les Américains étaient des "pleurnichards" et se plaignaient à tort de la situation économique.
À la réflexion, Barack Obama qui compte profiter de ce voyage à l'étranger pour montrer une image de chef d'État et établir la crédibilité de ses positions sur les guerres en Iraq et en Afghanistan, n'a pas eu le temps d'atterrir que déjà, les stratèges républicains lui coupent l'herbe sous le pied.
Catherine Cano – Canovision
Un été américain: Confidences de gens ordinaires 5*
Atlanta, Georgia
Au quartier général des « Young Democrats for America », des dizaines de jeunes bénévoles sont à l’œuvre. Ils sont à organiser des petites assemblées de cuisine mieux connues sous le nom de « house Parties » où un (e) jeune invite une vingtaine de personnes à discuter de leurs préoccupations et de l’avenir du pays. Au loin, on entend la chanson « don’t stop thinking about tomorrow », de Fleetwood Mac.
Les primaires et les caucus qui se sont tenus dans les cinquante États américains ont enregistré des taux record de participation pour les jeunes de 30 ans et moins. Au total, cinquante millions d’entre eux seront en droit de voter aux élections de novembre. Encouragés par ces données, les jeunes ont pris d’assaut l’Internet et lancent des invitations à des pique-niques et des concerts dans les parcs. Ils créés des sessions de discussions appelées les « méga-meetings » sur Facebook et My Space. Ils se fabriquent même des personnages dans « Second life » pour s’assurer de ratisser le plus largement possible.
Dans moins de trois mois, Mijha se marie. Cette jeune noire américaine est avocate et présidente de l’organisation des jeunes démocrates d’Atlanta. Originaire de New York, elle a décidé de s’installer dans l’état républicain de la Georgie, parce qu’être démocrate à New York était trop facile. Mijha vit d’espoir pour son parti en novembre mais reste lucide. Les jeunes ont la réputation d’être apathiques et de ne pas se présenter aux urnes le jour du vote. «Mais cette fois, nous n’avons aucune excuse de manquer à notre devoir de citoyen. There is simply too much at stake, » me dit-elle avec détermination.
La situation économique des jeunes sera moins reluisante que celle de leurs parents. Avec un pays dont l’endettement est incommensurable, ils ne s’attendent pas à récolter des pensions de vieillesse et savent que les coûts de la santé augmenteront. Déjà, la recherche d’emplois sera plus difficile pour les gradués de 2008 selon Careerbuilder.com. Seulement 58 pourcent des employeurs prévoient engager de nouveaux gradués, alors que l’an dernier,on en comptait 79 pourcent. « Aurons-nous encore un emploi le mois prochain, aurons-nous les moyens d’acheter notre première maison et d’avoir des enfants, mais surtout, avec quelles valeurs les élèverons-nous ? » se demande Mijha.
C’est cette dernière question qui pousse les jeunes à s’exprimer. Mijha considère que cette élection va permettre aux États-Unis de revenir sur la bonne voie. Elle ajoute qu’il leur faut dire au reste du monde « we are back ». Fini l’arrogance, les ultimatum et la fabrication des faits. Elle croit qu’il y a un besoin urgent pour le peuple américain de s’unir pour surmonter les immenses problèmes auxquels il fait face. « Ma génération est colourblind et a grandi dans un environnement multiculturel », déclare-t-elle. «Les années Bush nous on montré que les politiques du pour ou contre nous, ne peuvent être que néfastes pour le pays.»
Mijha se souvient de la campagne présidentielle de 1992 lorsque Bill Clinton parlait d’espoir dans ses discours. La chanson de Fleetwood Mac lui revient en tête. C’est justement en pensant à demain qu’elle et des milliers de jeunes passent l’été à faire campagne.
Catherine Cano
(*Cinquième article d'une série publiée dans la revue l'actualité - août 08)
Au quartier général des « Young Democrats for America », des dizaines de jeunes bénévoles sont à l’œuvre. Ils sont à organiser des petites assemblées de cuisine mieux connues sous le nom de « house Parties » où un (e) jeune invite une vingtaine de personnes à discuter de leurs préoccupations et de l’avenir du pays. Au loin, on entend la chanson « don’t stop thinking about tomorrow », de Fleetwood Mac.
Les primaires et les caucus qui se sont tenus dans les cinquante États américains ont enregistré des taux record de participation pour les jeunes de 30 ans et moins. Au total, cinquante millions d’entre eux seront en droit de voter aux élections de novembre. Encouragés par ces données, les jeunes ont pris d’assaut l’Internet et lancent des invitations à des pique-niques et des concerts dans les parcs. Ils créés des sessions de discussions appelées les « méga-meetings » sur Facebook et My Space. Ils se fabriquent même des personnages dans « Second life » pour s’assurer de ratisser le plus largement possible.
Dans moins de trois mois, Mijha se marie. Cette jeune noire américaine est avocate et présidente de l’organisation des jeunes démocrates d’Atlanta. Originaire de New York, elle a décidé de s’installer dans l’état républicain de la Georgie, parce qu’être démocrate à New York était trop facile. Mijha vit d’espoir pour son parti en novembre mais reste lucide. Les jeunes ont la réputation d’être apathiques et de ne pas se présenter aux urnes le jour du vote. «Mais cette fois, nous n’avons aucune excuse de manquer à notre devoir de citoyen. There is simply too much at stake, » me dit-elle avec détermination.
La situation économique des jeunes sera moins reluisante que celle de leurs parents. Avec un pays dont l’endettement est incommensurable, ils ne s’attendent pas à récolter des pensions de vieillesse et savent que les coûts de la santé augmenteront. Déjà, la recherche d’emplois sera plus difficile pour les gradués de 2008 selon Careerbuilder.com. Seulement 58 pourcent des employeurs prévoient engager de nouveaux gradués, alors que l’an dernier,on en comptait 79 pourcent. « Aurons-nous encore un emploi le mois prochain, aurons-nous les moyens d’acheter notre première maison et d’avoir des enfants, mais surtout, avec quelles valeurs les élèverons-nous ? » se demande Mijha.
C’est cette dernière question qui pousse les jeunes à s’exprimer. Mijha considère que cette élection va permettre aux États-Unis de revenir sur la bonne voie. Elle ajoute qu’il leur faut dire au reste du monde « we are back ». Fini l’arrogance, les ultimatum et la fabrication des faits. Elle croit qu’il y a un besoin urgent pour le peuple américain de s’unir pour surmonter les immenses problèmes auxquels il fait face. « Ma génération est colourblind et a grandi dans un environnement multiculturel », déclare-t-elle. «Les années Bush nous on montré que les politiques du pour ou contre nous, ne peuvent être que néfastes pour le pays.»
Mijha se souvient de la campagne présidentielle de 1992 lorsque Bill Clinton parlait d’espoir dans ses discours. La chanson de Fleetwood Mac lui revient en tête. C’est justement en pensant à demain qu’elle et des milliers de jeunes passent l’été à faire campagne.
Catherine Cano
(*Cinquième article d'une série publiée dans la revue l'actualité - août 08)
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