Il fait anormalement chaud au New Hampshire depuis deux jours. La neige fond et l'air est bon comme si c'était le printemps. C'est donc une belle journée pour se promener de village en village et rencontrer ceux qui demain enverront un autre signal à la classe politique.
La révolution qui s'est amorcée dans les rues de l'Iowa il y à peine 5 jours, se poursuit au New Hampshire. La vague en faveur de Barak Obama semble bien exister et semble tout aussi impossible à freiner.
Sur ma route, je me suis arrêtée dans une petite épicerie locale de la ville de Peterborough au centre de l'état. Le propriétaire tient aussi le petit magasin d'outils tout à côté. Pierre Robinson, fils de Jeanne Roy (oui, une canadienne française originaire de East Angus), a tenu sa propre élection depuis 2 jours. Les gens étaient invités à inscrire le nom du candidat de leur choix, celui ou celle pour qui ils ont l'intention de voter à la primaire du 8 janvier. 150 personnes se sont prêtés au jeu et à mon arrivée, on comptait les votes:
45% pour Obama contre 16% à Hillary et 21% à Edwards. Chez les Républicains, si on se fiait à ce résultat non scientifique, John McCain gagnerait le New Hampshire haut la main avec 62% contre 17% pour Mitt Romney. La discussion n'a pas tardé à s'animer. Pourquoi Hillary ne passe pas ? La réponse de Tom et d'Adèle ne peut être plus claire. "Nous sommes fatigués des insinuations négatives." Adèle est en fait une bénévole pour la campagne d'Obama et me dit que la première chose que l'on dit aux nouveaux qui veulent donner un coup de main, c'est de ne jamais parler négativement des adversaires. "C'est ce qui m'a convaincu de m'embarquer et de passer 4 heures par jour après le travail pour aider sa campagne". Tom ajoute: "C'est ce genre de changements dont on parle, que les gens veulent. " À ma question, est-ce que tout cela n'est pas un peu utopique ou naif de penser qu'une fois arrivé à Washington, il sera capable de changer les moeurs encrées depuis si longtemps, Steve, un autre voisin me dit: " Oui, peut-être, mais j'aime mieux voter pour quelqu'un qui veut essayer de changer que quelqu'un qui dit que cela n'en vaut pas la peine." Et Adèle d'ajouter: " Comment peut-on penser que d'avoir de l'espoir ne serre à rien, est irréaliste ? Nous avons besoin de savoir qu'il y a de l'espoir parce que personne d'entre-nous veut croire que nous ne pourrons pas sortir du pétrin dans lequel le pays est. Pas avoir d'espoir, c'est comme nous dire qu'on reste pris avec nos problèmes et qu'il n'y a pas de solutions. C'est complètement déprimant. C'est ça le message d'Hillary Clinton et c'est pour ça que je ne voterai pas pour elle."
Mais le cynisme envers les politiciens n'est pas disparu. À Milford, une petite ville de 25,000 habitants, Dan et Larry, deux électeurs indépendants, sont complètement désillusionnés. "C'est du pareil au même", me dira-t-on, "Georges Bush nous a menti, mais les Clinton aussi. Ils sont tous aussi pires les uns que les autres. Ils sont remplis de promesses qu'ils auront vite oubliées une fois rendus au pouvoir". Même Barak Obama, le tout dernier que tous imagine plus vertueux, ne trouve grâce à leurs yeux. "Il ne rêve pas juste en couleur celui-là mais en haute définition. Et le pire, parce que nos attentes seront plus grandes, notre déception le sera tout autant", conclu Larry. Un risque assurément. Mais pour Jim qui à 25 ans et qui n'était pas intéressé à voter il y a 4 ans, Obama est celui qui le sort de son apathie. " Oui, peut-être qu'il ne réussira pas, mais cette fois je me sens motivé et je veux lui donner sa chance. "
Déjà dans le nord de l'état, un petit comté a commencé à voter et bientôt, les voix des citoyens se feront entendre ici. De retour à Manchester, la ville bourdonne. Personne ne dormira ce soir.
Catherine C
Monday, January 7, 2008
L'ombre de Bill
Une partisane d’Hillary me disait qu’elle ne comprend tout simplement pas comment tant de gens peuvent détester Hillary Clinton. « C’est un sentiment très fort que de détester quelqu’un. On ne déteste pas beaucoup de monde en général. Je ne m’explique pas comment une personne puisse la détester tant que ça sans vraiment la connaître. »
C’est une bonne question. Mais tout le monde connaît Hillary et peut identifier qui elle est. On la dit froide et calculée, préférant la confrontation à la discussion, qui n’est pas inclusive et qui joue parfaitement bien le jeu politique de Washington. Bref, le contraire de Bill, son charismatique mari.
Alors, est-ce que les Américains la connaissent mal ? Et si oui, qui est-elle vraiment ?
L’image que l’on a d’elle n’est pas totalement fausse. Ce qu’elle projette est un reflet certainement de sa personnalité. Et, à un moment donné ou à un autre de sa vie, elle a été toutes ces choses que l’on dit d’elle. Le personnel de la Maison Blanche au temps de l’administration de Bill Clinton, n’hésite pas à dire qu’on l’a craignait. Il semble qu’elle a plus d’une fois imposé ses points de vues, qu’elle se soit mêlée directement de décisions politiques, qu’elle ait « fortement » encouragé Bill à choisir des adjoints et même des membres de cabinet. Un article du mois dernier dans le magazine Newsweek écrit que Bill a même parfois accepté ses demandes pour se faire pardonner ses infidélités. Une révélation, si elle est vraie, qui m’a beaucoup troublée et qui en dit long sur la nature de leurs ambitions.
Hillary est donc ambitieuse oui, et après ? Est-ce un si grand tort ? C’est une femme d’une grande intelligence et oui, elle a refusé d’être la conjointe passive à laquelle les Américains avaient été habitués avec Barbara Bush par exemple.
Sur le plan personnel, Hillary est aussi une femme chaleureuse et a un rire communicatif. Elle regarde dans les yeux et discute avec vous jusqu’au moment où un de ses adjoints lui supplie de continuer sa route.
Sur le plan professionnel, elle a réussi à convaincre plusieurs électeurs indépendants et certains Républicains de la choisir comme Sénatrice démocrate, pas juste une fois, mais deux fois. Pendant ses années au Sénat, elle a travaillé sur plusieurs projets de loi avec des collègues républicains. Elle a une vision claire de l’avenir des États-Unis et elle prévoit déjà entreprendre une tournée internationale au lendemain de son élection afin de repositionner rapidement l’approche du pays en matière de politique étrangère.
La vraie Hillary Clinton est beaucoup plus attrayante que le portrait que l’on en fait. On l’a vu au débat de samedi soir lorsqu’elle a montré son côté humain en disant sur un ton enjoué que cela lui brisait le cœur de voir que les Américains ne l’aimaient pas autant que son rival Barak Obama.
Le problème de sa campagne c’est que l'emphase de la stratégie a été mise sur son mari, Bill Clinton. Il est présent depuis le début et bien qu’aimé par la majorité, il fait ombrage à sa femme. Il rappelle sans cesse les succès de son administration des années 90. C’est vrai qu’il a remis l’économie américaine sur pied, mais ça, c’est le passé. Les électeurs veulent savoir comment Hillary va sortir le pays de son plus gros bourbier économique. Et en ce qui les concerne, c’est Bill qui était Président en 1992, pas Hillary. De fait, revenir en arrière n’a qu’un effet négatif pour elle, parce que la population garde en souvenir l’échec de la réforme de la santé dont elle a été responsable. Mais pire encore, Bill Clinton fait des discours sur l’état du pays en donnant ses opinions, ses perspectives. Il a récemment contredit la position d’Hillary sur l’Iraq en déclarant qu’il n’aurait jamais voté en faveur de l’utilisation de la force. Et puis, en montrant jour après jour son charme et ses qualités de leadership, Bill Clinton ne fait que souligner encore davantage le contraste entre lui et Hillary. Hillary n’est pas Bill Clinton, mais elle a d’autres qualités. Des amis et des conseillers très proches du couple vont jusqu’à dire qu’elle est plus intelligente que lui.
Il est donc le temps que Bill cesse de faire ombrage à sa femme, et pour Hillary, il est temps qu'elle reprenne toute la scène. Après toutes ces années de sacrifices et d’attentes dans les coulisses, elle a bien le droit de revendiquer sa place dans l’histoire.
Catherine C
C’est une bonne question. Mais tout le monde connaît Hillary et peut identifier qui elle est. On la dit froide et calculée, préférant la confrontation à la discussion, qui n’est pas inclusive et qui joue parfaitement bien le jeu politique de Washington. Bref, le contraire de Bill, son charismatique mari.
Alors, est-ce que les Américains la connaissent mal ? Et si oui, qui est-elle vraiment ?
L’image que l’on a d’elle n’est pas totalement fausse. Ce qu’elle projette est un reflet certainement de sa personnalité. Et, à un moment donné ou à un autre de sa vie, elle a été toutes ces choses que l’on dit d’elle. Le personnel de la Maison Blanche au temps de l’administration de Bill Clinton, n’hésite pas à dire qu’on l’a craignait. Il semble qu’elle a plus d’une fois imposé ses points de vues, qu’elle se soit mêlée directement de décisions politiques, qu’elle ait « fortement » encouragé Bill à choisir des adjoints et même des membres de cabinet. Un article du mois dernier dans le magazine Newsweek écrit que Bill a même parfois accepté ses demandes pour se faire pardonner ses infidélités. Une révélation, si elle est vraie, qui m’a beaucoup troublée et qui en dit long sur la nature de leurs ambitions.
Hillary est donc ambitieuse oui, et après ? Est-ce un si grand tort ? C’est une femme d’une grande intelligence et oui, elle a refusé d’être la conjointe passive à laquelle les Américains avaient été habitués avec Barbara Bush par exemple.
Sur le plan personnel, Hillary est aussi une femme chaleureuse et a un rire communicatif. Elle regarde dans les yeux et discute avec vous jusqu’au moment où un de ses adjoints lui supplie de continuer sa route.
Sur le plan professionnel, elle a réussi à convaincre plusieurs électeurs indépendants et certains Républicains de la choisir comme Sénatrice démocrate, pas juste une fois, mais deux fois. Pendant ses années au Sénat, elle a travaillé sur plusieurs projets de loi avec des collègues républicains. Elle a une vision claire de l’avenir des États-Unis et elle prévoit déjà entreprendre une tournée internationale au lendemain de son élection afin de repositionner rapidement l’approche du pays en matière de politique étrangère.
La vraie Hillary Clinton est beaucoup plus attrayante que le portrait que l’on en fait. On l’a vu au débat de samedi soir lorsqu’elle a montré son côté humain en disant sur un ton enjoué que cela lui brisait le cœur de voir que les Américains ne l’aimaient pas autant que son rival Barak Obama.
Le problème de sa campagne c’est que l'emphase de la stratégie a été mise sur son mari, Bill Clinton. Il est présent depuis le début et bien qu’aimé par la majorité, il fait ombrage à sa femme. Il rappelle sans cesse les succès de son administration des années 90. C’est vrai qu’il a remis l’économie américaine sur pied, mais ça, c’est le passé. Les électeurs veulent savoir comment Hillary va sortir le pays de son plus gros bourbier économique. Et en ce qui les concerne, c’est Bill qui était Président en 1992, pas Hillary. De fait, revenir en arrière n’a qu’un effet négatif pour elle, parce que la population garde en souvenir l’échec de la réforme de la santé dont elle a été responsable. Mais pire encore, Bill Clinton fait des discours sur l’état du pays en donnant ses opinions, ses perspectives. Il a récemment contredit la position d’Hillary sur l’Iraq en déclarant qu’il n’aurait jamais voté en faveur de l’utilisation de la force. Et puis, en montrant jour après jour son charme et ses qualités de leadership, Bill Clinton ne fait que souligner encore davantage le contraste entre lui et Hillary. Hillary n’est pas Bill Clinton, mais elle a d’autres qualités. Des amis et des conseillers très proches du couple vont jusqu’à dire qu’elle est plus intelligente que lui.
Il est donc le temps que Bill cesse de faire ombrage à sa femme, et pour Hillary, il est temps qu'elle reprenne toute la scène. Après toutes ces années de sacrifices et d’attentes dans les coulisses, elle a bien le droit de revendiquer sa place dans l’histoire.
Catherine C
Saturday, January 5, 2008
Democrats' debate - Débat des démocrates
This is the best debate I have ever seen in terms of substance and format. It was enlightening to hear issues being debated in depth. Quite a difference with the Republican one.
Quick overlook -
Hillary Clinton : Brilliant! She showed substance and what was most needed, her human side. She had the most to loose and she rise to the occasion. She was clear, making important points at the right time bringing in her experience, talking about issues important to people in NH and squeezed in the Bill Clinton’s administration record on the economy. She defended herself and shot back at Edwards when accused of representing the status quo by listing many of her accomplishments. Finally, Hillary Clinton had the opportunity to show her human side when told that she was not likable. “You hurt my feelings”, she answered. Best moment!
Barak Obama: Solid, elegant and he did not make a mistake. He obviously knows the issues and was articulate enough about them.
John Edwards :It was unfortunate that John Edwards spoke on behalf of Obama and himself attacking Hillary Clinton in such of obvious way over the concept of change versus status quo. It was a punch below the belt that will hurt him and Obama and help Hillary. He also made a mistake when he gave the patient bill of right as an example of one of his accomplishment. It did not take long for Hillary to point out that the bill never saw the light of day. Overall, a poor showing and Edwards lost his campaign tonite.
Doug Richardson : Help put some perspective on the issue of experience.
Quick overlook -
Hillary Clinton : Brilliant! She showed substance and what was most needed, her human side. She had the most to loose and she rise to the occasion. She was clear, making important points at the right time bringing in her experience, talking about issues important to people in NH and squeezed in the Bill Clinton’s administration record on the economy. She defended herself and shot back at Edwards when accused of representing the status quo by listing many of her accomplishments. Finally, Hillary Clinton had the opportunity to show her human side when told that she was not likable. “You hurt my feelings”, she answered. Best moment!
Barak Obama: Solid, elegant and he did not make a mistake. He obviously knows the issues and was articulate enough about them.
John Edwards :It was unfortunate that John Edwards spoke on behalf of Obama and himself attacking Hillary Clinton in such of obvious way over the concept of change versus status quo. It was a punch below the belt that will hurt him and Obama and help Hillary. He also made a mistake when he gave the patient bill of right as an example of one of his accomplishment. It did not take long for Hillary to point out that the bill never saw the light of day. Overall, a poor showing and Edwards lost his campaign tonite.
Doug Richardson : Help put some perspective on the issue of experience.
Republican debate - débat républicain
The winner is the anchor, Charlie Gibson and ABC news. The questions were excellent and straight to the point. And as far as the format of the debate is concerned, the Canadian broadcasters should look at this model for the next elections in Canada.
Quick overlook -
Mitt Romney came out as condescending. He sounded like a Democrat on health care saying that all Americans should be insured and that all States should be encouraged to mandate it. But threw out an insensitive statement about the 47 millions of US citizens who according to him, make a deliberate choice not to purschase individual plans. He just forgot that they may not be able to afford it !
Rudy Giuliani: said that the US has the best health care system ! Just as a reminder: there is 47 milions Americans uninsured and most of the citizens have to deal with never ending increases in health care cost.
John McCain: insisted that Americans should be thankful to President Bush for Iraq and the success of the surge. Does he not want to be elected ? Does he not know that more than two thirds of Americans disapproved of Bush and the direction he has led the country - mostly on Iraq?
Mike Huckabee: kept on target but did not particularly shine.
Ron Paul: distanced himself from the other candidates by saying that he opposed Bush decision to go to Iraq as well as Bush's economic policies.
Fred Thompson : Completely unprepared and shallow.
Quick overlook -
Mitt Romney came out as condescending. He sounded like a Democrat on health care saying that all Americans should be insured and that all States should be encouraged to mandate it. But threw out an insensitive statement about the 47 millions of US citizens who according to him, make a deliberate choice not to purschase individual plans. He just forgot that they may not be able to afford it !
Rudy Giuliani: said that the US has the best health care system ! Just as a reminder: there is 47 milions Americans uninsured and most of the citizens have to deal with never ending increases in health care cost.
John McCain: insisted that Americans should be thankful to President Bush for Iraq and the success of the surge. Does he not want to be elected ? Does he not know that more than two thirds of Americans disapproved of Bush and the direction he has led the country - mostly on Iraq?
Mike Huckabee: kept on target but did not particularly shine.
Ron Paul: distanced himself from the other candidates by saying that he opposed Bush decision to go to Iraq as well as Bush's economic policies.
Fred Thompson : Completely unprepared and shallow.
Friday, January 4, 2008
La nouvelle génération en âge de voter...Obama
La nuit a été courte. La capitale de l’Iowa d’habitude plutôt endormie, vibrait de toutes ses forces après la victoire de Barak Obama hier soir. Les quelques bars étaient remplis de jeunes enthousiastes qui venaient de prouver que l’élection de 2008 allait leur appartenir.
On avait tous des doutes sur la participation de la nouvelle génération d’électeurs, mais quelqu’un a réussi à les mobiliser, à les intéresser et à les responsabiliser; et ce quelqu’un c’est Barak Obama. Les jeunes sont sortis en grand nombre voter et l’énergie et la fébrilité qui se dégageaient des caucus étaient contagieuses.
Et ce n’est pas seulement parce qu’Obama a du charisme et qu’il est plus populaire. Mais parce que cette génération aime ce qu’elle entend et elle a fait ses devoirs. En discutant avec eux, on constate rapidement qu’ils ont lu les programmes de tous les partis et peuvent en parler en détail. Bien sûr, sa position contre la guerre en Iraq est le premier enjeu important, mais aussi son plan pour la santé, l’environnement, la place des États-Unis dans le monde. Deux jeunes femmes originaires de Grinell, une toute petite ville à une heure de Iowa City, m’ont décrit la différence entre les propositions d’Hillary Clinton et de Barak Obama. Elles savent bien que celui d’Obama n’est pas aussi détaillé, mais elles pensent que son talent de conciliateur lui permettra d’amasser suffisamment d’appuis à Washington pour réussir à apporter les changements qui s’imposent. Selon elles, Hillary Clinton a déjà eu sa chance. Entre autres, de réformer le système de santé en 1993; ce qu'elle a échoué en s’aliénant à peu près tous les intervenants.
Le taux de participation a presque doublé hier soir et le message est clair. Les jeunes ont l’intention de se mobiliser et d’être les artisans du changement que tout le monde exige.
10% ou 15% de nouveaux électeurs qui ont grandi dans la diversité ethnique, pourrait bien résulter à l’élection du premier Président noir américain. Ah! Oui, j’oubliais… il faut d’abord qu’il remporte l’investiture démocrate. Mais ça, il fallait être dans les rues de DesMoines-Iowa hier soir pour savoir que la révolution Obama est déjà bien amorcée…
Catherine C
On avait tous des doutes sur la participation de la nouvelle génération d’électeurs, mais quelqu’un a réussi à les mobiliser, à les intéresser et à les responsabiliser; et ce quelqu’un c’est Barak Obama. Les jeunes sont sortis en grand nombre voter et l’énergie et la fébrilité qui se dégageaient des caucus étaient contagieuses.
Et ce n’est pas seulement parce qu’Obama a du charisme et qu’il est plus populaire. Mais parce que cette génération aime ce qu’elle entend et elle a fait ses devoirs. En discutant avec eux, on constate rapidement qu’ils ont lu les programmes de tous les partis et peuvent en parler en détail. Bien sûr, sa position contre la guerre en Iraq est le premier enjeu important, mais aussi son plan pour la santé, l’environnement, la place des États-Unis dans le monde. Deux jeunes femmes originaires de Grinell, une toute petite ville à une heure de Iowa City, m’ont décrit la différence entre les propositions d’Hillary Clinton et de Barak Obama. Elles savent bien que celui d’Obama n’est pas aussi détaillé, mais elles pensent que son talent de conciliateur lui permettra d’amasser suffisamment d’appuis à Washington pour réussir à apporter les changements qui s’imposent. Selon elles, Hillary Clinton a déjà eu sa chance. Entre autres, de réformer le système de santé en 1993; ce qu'elle a échoué en s’aliénant à peu près tous les intervenants.
Le taux de participation a presque doublé hier soir et le message est clair. Les jeunes ont l’intention de se mobiliser et d’être les artisans du changement que tout le monde exige.
10% ou 15% de nouveaux électeurs qui ont grandi dans la diversité ethnique, pourrait bien résulter à l’élection du premier Président noir américain. Ah! Oui, j’oubliais… il faut d’abord qu’il remporte l’investiture démocrate. Mais ça, il fallait être dans les rues de DesMoines-Iowa hier soir pour savoir que la révolution Obama est déjà bien amorcée…
Catherine C
Obama: l'histoire ne fait que commencer
Les États-Unis s'apprêtent à vivre un moment d'histoire important. La victoire de Barak Obama en Iowa est à trois niveaux. Il a réussi à bâtir une coalition multiculturelle en obtenant 38% du vote d'une population à 94% de race blanche. Il a convaincu toute une nouvelle génération, celle des jeunes, celle dont on dit qu'elle est apathique, de plonger dans l'arène politique. Et les électeurs indépendants et même certains républicains lui reconnaissent la capacité d'unir les forces politiques opposées et de réaliser des réformes qui ne se sont jamais vues à Washington.
Tout cela au nom d'un désir de changement bien plus profond que l'on peut l'imaginer. L'insatisfaction face aux années de Georges W. Bush à la présidence est si marquée, et la crainte du statu quo si palpable qu'un sérieux mouvement a pris naissance en plein coeur des États-Unis.
La course est loin d'être finie et Hillary Clinton n'a pas dit son dernier mot. Et même si Barak Obama gagnait le leadership de son parti, il devrait affronter un adversaire de taille: le conservatisme américain. Il est à mon avis encore impossible de mesurer s' il reste un fond de racisme. Les républicains sont assez vicieux pour trouver le moyen d'ébranler sournoisement une bonne partie de l'électorat qui reste encore bien traditionnel.
Mais pour l'instant, je ne peux m'empêcher d'avoir le sentiment qu'une révolution est en gestation et que l'enthousiasme et la fébrilité qui règnait hier soir en Iowa, n'est que le début.
Tout cela au nom d'un désir de changement bien plus profond que l'on peut l'imaginer. L'insatisfaction face aux années de Georges W. Bush à la présidence est si marquée, et la crainte du statu quo si palpable qu'un sérieux mouvement a pris naissance en plein coeur des États-Unis.
La course est loin d'être finie et Hillary Clinton n'a pas dit son dernier mot. Et même si Barak Obama gagnait le leadership de son parti, il devrait affronter un adversaire de taille: le conservatisme américain. Il est à mon avis encore impossible de mesurer s' il reste un fond de racisme. Les républicains sont assez vicieux pour trouver le moyen d'ébranler sournoisement une bonne partie de l'électorat qui reste encore bien traditionnel.
Mais pour l'instant, je ne peux m'empêcher d'avoir le sentiment qu'une révolution est en gestation et que l'enthousiasme et la fébrilité qui règnait hier soir en Iowa, n'est que le début.
Wednesday, January 2, 2008
Est-ce le paradis ? non, c'est l'Iowa !
Vous vous rappelez , ce film avec le séduisant Kevin Costner « Fields of dreams » et de cette fameuse phrase qui a rendu les citoyens de l’Iowa si fiers ? « Is this Heaven ? No, it is Iowa !
L’Iowa n’est pas le paradis, mais ce petit état en plein cœur de l’Amérique, a quelque chose d’unique. Il y fait froid et en ce début de janvier, plutôt que de célébrer bien au chaud le premier de l’an, des milliers de gens se sont rendus dans des petits cafés ou chez des amis pour écouter tour à tour les nombreux candidats qui se disputent la présidence.
Quel exemple de responsabilité civique ! Et quelle chance ! Depuis un an, tous les candidats, un à un, ont passé des journées entières à rencontrer le plus grand nombre de personnes. On estime que la moitié de la population de l’Iowa, soit un million et demi, a eu l’opportunité de serrer la main d’au moins un candidat.
Pourquoi tant d’emphase est mis sur cet état, qui pour la plupart n’est pas très représentatif de la réalité américaine ? Et que signifieront les résultats du vote demain soir ?
D’abord, lorsque l’on compare avec l’ensemble du pays, il est vrai que la population est composée à 94% de gens de race blanche et que les communautés ethniques sont sous représentées. Il est aussi vrai que les terres agricoles représentent 80% du territoire. Mais à d’autres niveaux, l’Iowa est un microcosme des États-Unis. Par exemple, sur le plan de l’âge de sa population, du nombre de femmes, du nombre de gradués aux niveaux secondaires et universitaires et des revenus moyens par famille et per capita. De fait, l’Iowa est, sous tous ces angles, très représentatif.
Quant à la signification des résultats, il y en a une majeure. Ici, c’est une question d’honneur. Les gens de l’Iowa veulent faire le bon choix; le choix le plus juste. Ce sont des personnes vraies qui ne se laissent nullement influencer par les publicités des politiciens à la télé. Ce sont des gens qui détestent les messages qui embourbent leur boîte vocale téléphonique. Leur décision vient après pas une, mais de multiples rencontres avec les candidats. Ils ont besoin d’entendre les positions, de poser des questions et de lire dans les yeux. Les machines électorales ont très peu d’impact en Iowa et des candidats sans argents peuvent réussir à convaincre cet auditoire assidu. Jimmy Carter était peu connu lorsqu’il s’est lancé dans la course à la présidence en 1976 et n’avait pas beaucoup de fonds financiers pour faire campagne. C’est l’Iowa qui l’a littéralement mis sur la carte. C’est d’ailleurs depuis cette élection, que les caucus de l’Iowa ont pris toutes leurs importances.
Cela dit, perdre en Iowa ne signifie pas que la bataille est finie, comme Bill Clinton en 1992 nous l’a démontré. Rien n’est donc moins certain en Iowa puisque la plupart des électeurs attendront l’heure du vote pour annoncer leur choix final.
Catherine C
L’Iowa n’est pas le paradis, mais ce petit état en plein cœur de l’Amérique, a quelque chose d’unique. Il y fait froid et en ce début de janvier, plutôt que de célébrer bien au chaud le premier de l’an, des milliers de gens se sont rendus dans des petits cafés ou chez des amis pour écouter tour à tour les nombreux candidats qui se disputent la présidence.
Quel exemple de responsabilité civique ! Et quelle chance ! Depuis un an, tous les candidats, un à un, ont passé des journées entières à rencontrer le plus grand nombre de personnes. On estime que la moitié de la population de l’Iowa, soit un million et demi, a eu l’opportunité de serrer la main d’au moins un candidat.
Pourquoi tant d’emphase est mis sur cet état, qui pour la plupart n’est pas très représentatif de la réalité américaine ? Et que signifieront les résultats du vote demain soir ?
D’abord, lorsque l’on compare avec l’ensemble du pays, il est vrai que la population est composée à 94% de gens de race blanche et que les communautés ethniques sont sous représentées. Il est aussi vrai que les terres agricoles représentent 80% du territoire. Mais à d’autres niveaux, l’Iowa est un microcosme des États-Unis. Par exemple, sur le plan de l’âge de sa population, du nombre de femmes, du nombre de gradués aux niveaux secondaires et universitaires et des revenus moyens par famille et per capita. De fait, l’Iowa est, sous tous ces angles, très représentatif.
Quant à la signification des résultats, il y en a une majeure. Ici, c’est une question d’honneur. Les gens de l’Iowa veulent faire le bon choix; le choix le plus juste. Ce sont des personnes vraies qui ne se laissent nullement influencer par les publicités des politiciens à la télé. Ce sont des gens qui détestent les messages qui embourbent leur boîte vocale téléphonique. Leur décision vient après pas une, mais de multiples rencontres avec les candidats. Ils ont besoin d’entendre les positions, de poser des questions et de lire dans les yeux. Les machines électorales ont très peu d’impact en Iowa et des candidats sans argents peuvent réussir à convaincre cet auditoire assidu. Jimmy Carter était peu connu lorsqu’il s’est lancé dans la course à la présidence en 1976 et n’avait pas beaucoup de fonds financiers pour faire campagne. C’est l’Iowa qui l’a littéralement mis sur la carte. C’est d’ailleurs depuis cette élection, que les caucus de l’Iowa ont pris toutes leurs importances.
Cela dit, perdre en Iowa ne signifie pas que la bataille est finie, comme Bill Clinton en 1992 nous l’a démontré. Rien n’est donc moins certain en Iowa puisque la plupart des électeurs attendront l’heure du vote pour annoncer leur choix final.
Catherine C
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